Théâtre perché

El campo del fuego

El Campo del Fuego

Dans d’autres temps, el campo (le champ) était le lieu où l’on se réunissait au gré des saisons, des semences, aux récoltes…
Lieu de passage, lieu de vie, lieu de travail, centre de transformation et d’ échange.
El campo où l’on danse pour accueillir le fruit de la nature peut devenir le champ de bataille (guerrière ou amoureuse).
el fuego de la passion et de la renaissance peut se transformer en feu destructeur.
Où l’hiver de la vie nous entrouvre les portes du Campo Santo (cimetière)… et le cycle se remet en marche.

Intentions artistiques et propos qui fondent le projet de création

Le début du projet part de la découverte de la fête des morts au Mexique en 2006 et de la surprise de voir que la Mort y est traitée d’une façon festive et quotidienne ; comme un passage.
Cette rencontre a déclenché un désir de parler de la Mort comme quelque chose de naturel. En le détournant pour le traiter de façon universelle.
L'idée de raconter la Mort est apparue. Oui, mais comment? Nous avons fait le choix de garder le côté carnavalesque pour l'approcher de notre culture européenne: le jeu de masques et faux-semblants, la critique de toute sorte de pouvoir, l'excès, l'irrévérence...
Nous nous sommes tournés naturellement vers une certaine musique folklorique (Nord de l’Argentine) et des textes d’Amérique Latine dont la poésie et les rythmes nourrissent notre langage chorégraphique. Des rythmes ancrés dans la terre,... donc dans la vie.

Présentation de l’esprit du projet :

Le carnaval arrive. La fête des morts au Mexique est un moment de fête et de partage, où chacun exorcise ses peurs dans la démesure et les excès. Chacun sous son masque peut rêver de tromper son destin… Dans l'enivrement de la fête chacun joue un rôle... ou pas. Le carnaval bat son plein. La fête devient corrida, danse macabre!

Les personnages

Le danseur :

Le spectateur peut s’identifier à lui et s'y reconnaître de par sa taille, par son coté fragile, naïf, contradictoire et humain, donc mortel.
Il est là ce soir pour célébrer avec deux compagnons de fortune …sa propre mort.
El Campo del fuego, c’est l’histoire de ce voyage initiatique qui va le traverser.
De toutes ses émotions de révolte, de colère, de dénégation, pour finalement arriver au repos et à l’acceptation de sa condition.

Les deux personnages sur échasses et Pénélope (la marionnette) :

Ce sont les Parques, des personnages ancrés à la fois dans la réalité de l’instant et dans la réalité d’un monde onirique, mythique.
Ils profitent de cette fête carnavalesque pour traquer leur proie dans la danse et l’allégresse, car cela n’a rien de tragique.
Ils sont Charon le nocher, Janus aux deux visages, l’un tourné vers le passé et l'autre vers le futur, l’un masculin, l’autre féminin, un Ying, un Yong.
Ils changent de rôle à vue, rappelant aux spectateurs que nous ne sommes que des acteurs en perpétuelle représentation, dans cette vaste farce qu'est la vie.
Ce sont aussi des guides, des chamanes avec une vision juste et cynique de cette humanité dont ils dénoncent une certaine folie récurrente.

Prise en compte de l'espace public et la relation au public

Dans les sociétés primitives les fêtes et célébrations s'organisaient autour d'un feu, dans les champs. Lieu où s’amassaient les récoltes, où la musique jaillissait et les corps étaient transportés par la danse. Les champs, où le passage des saisons nous rappelle le déroulement des nos vies.
Dans nos sociétés citadines le tout est de recréer cette catharsis populaire autour des percussions et du feu... transporter ce champ dans une place, un jardin...
L'installation d'un Totem (Pacha Mama) et d'une proue (évoquant celle qui traverse le Styx) interpellera le public qui deviendra spectateur d'un moment de vie.

Dispositif scénique (spectacle fixe ou déambulatoire)

Spectacle en fixe qui commencera ailleurs, avec une déambulation percussive et carnavalesque qui amènera le public sur l'espace de jeu.
Le dispositif scénique est composé d'une structure centrale qui trône en "fond de scène"; début et fin du cercle que délimite l'espace scénique.
Devant cette structure et "côté cour" se situe la proue de la barque où évoluera le danseur. Autour du cercle: la lumière, le son... et le public!